Les départs tiennent rarement au climat ou à la sécurité. Les raisons les plus fréquentes sont l’éloignement familial, la taille de l’île et le sentiment d’enfermement, les difficultés professionnelles du conjoint, le coût réel de la vie une fois les illusions passées, et la scolarité des adolescents.
L’éloignement
C’est la première cause, et elle se manifeste rarement la première année. Dix à douze heures de
vol, des billets coûteux aux périodes scolaires, des parents qui vieillissent à l’autre bout du
monde. Un événement familial suffit parfois à faire basculer une décision.
Le syndrome de l’île
Maurice fait 65 kilomètres sur 45. Ce qui enchante la première année peut peser la troisième :
on connaît les routes par cœur, les sorties sont les mêmes, le cercle social se referme. Ceux qui
s’en sortent le mieux sont ceux qui voyagent régulièrement dans la région.
Le conjoint
C’est un motif sous-estimé. Le permis de dépendant n’autorise pas à travailler, et trouver un
emploi local suppose un titre propre et un salaire atteignant le seuil requis. Un conjoint
professionnellement bloqué finit souvent par vouloir partir.
Le coût réel
Beaucoup arrivent en croyant à une vie moins chère et découvrent que les biens importés, les
véhicules, l’école privée et la santé privée pèsent lourd. L’avantage fiscal ne compense pas
toujours.
Les adolescents
L’adaptation est facile pour les jeunes enfants, plus délicate à l’adolescence. Et au moment du
lycée puis des études supérieures, la question du départ se repose pour toute la famille.
Ce qui fait rester
À l’inverse, ceux qui restent longtemps ont en général trois choses : une activité
professionnelle qui fonctionne, un réseau social mixte et non pas seulement
expatrié, et un projet de vie assumé plutôt qu’une fuite.