Mise à jour du 11 août 2026 — à cette date, la tranche à 35 % est annoncée mais non promulguée. La Mauritius Revenue Authority publie toujours le barème à trois tranches (0 %, 10 %, 20 %) « as from 1 July 2025 » ainsi que la Fair Share Contribution à 15 % ; aucun Finance Act 2026 n’a été recensé à l’Assemblée nationale, et l’annexe au discours du Budget 2026-2027 ne mentionne pas cette tranche pour les particuliers. Tant que le texte n’est pas promulgué, le barème applicable reste celui de l’année précédente. Cet article sera mis à jour dès publication du texte.
Actu fiscale — juillet 2026 : les amendements à l’Income Tax Act issus du Budget 2026-2027 sont désormais détaillés. Au menu : un nouveau barème avec une tranche à 35 %, la fin de la Fair Share Contribution, une exonération de 10 ans pour les startups… et des pouvoirs de contrôle considérablement élargis pour le fisc mauricien. Applicable dès l’année fiscale en cours (démarrée le 1er juillet 2026).
Le nouveau barème : la fin du mythe des « 15 % flat »
Le barème de l’impôt sur le revenu des particuliers passe à quatre tranches :
| Revenu annuel imposable | Taux | Équivalent (approx.) |
|---|---|---|
| Jusqu’à Rs 500 000 | 0 % | ≈ 10 000 € |
| Rs 500 001 à Rs 1 million | 10 % | ≈ 10 000 à 20 000 € |
| Rs 1 million à Rs 12 millions | 20 % | ≈ 20 000 à 240 000 € |
| Au-delà de Rs 12 millions | 35 % | > 240 000 € |
Point important que beaucoup de commentaires oublient : cette tranche à 35 % remplace la Fair Share Contribution, qui est abrogée. Le prélèvement exceptionnel des très hauts revenus, dont nous détaillions le mécanisme dans notre article sur la Fair Share Contribution et la QDMTT, est donc intégré directement au barème — plus lisible, mais aussi plus permanent.
Pour la grande majorité des expatriés, rien ne change : en dessous de Rs 12 millions de revenu annuel (environ 240 000 €), le taux marginal reste plafonné à 20 %. Notre guide du calcul de l’impôt sur le revenu à Maurice reste votre référence pour simuler votre situation. Mais pour les très hauts revenus, l’écart avec l’Europe se resserre : Maurice reste très compétitive (35 % contre 45 % + prélèvements sociaux en France), sans être le paradis du taux unique qu’on vend parfois dans les vidéos YouTube.
Startups : 10 ans sans impôt, les conditions précises
C’est la traduction fiscale concrète de la stratégie « tech » du Budget, déjà entrevue dans le décryptage du grand projet de loi économique 2026. L’exonération totale d’impôt pendant 10 années consécutives s’applique aux startups qui remplissent TOUTES les conditions suivantes :
- Créées à partir du 19 juin 2026 (date du discours du Budget) ;
- Gérées et contrôlées depuis Maurice ;
- Activités menées à Maurice ou en Afrique ;
- Reconnues par le National SME Incubator Scheme (NSIS) et accompagnées par un incubateur agréé ;
- Chiffre d’affaires annuel inférieur à Rs 100 millions (≈ 2 M€).
Le passage par un incubateur agréé NSIS est la condition la plus souvent négligée : il ne suffit pas d’immatriculer une société. Si vous envisagez de créer votre entreprise à Maurice pour en bénéficier, intégrez cette étape dès le montage du projet.
La MRA muscle ses contrôles : votre train de vie sous surveillance
C’est le volet le plus discret mais peut-être le plus lourd de conséquences pour les résidents étrangers. Le fisc mauricien obtient l’accès automatique à de nouvelles sources de données pour croiser train de vie et revenus déclarés :
- Factures d’électricité et d’eau : le CEB et la CWA transmettront électroniquement les factures dépassant certains seuils (identité du titulaire, adresse, montants) ;
- Assurances auto haut de gamme : les assureurs déclareront les polices couvrant des véhicules assurés pour plus de Rs 2 millions (≈ 40 000 €), avec identité, valeur et prime ;
- État civil : accès électronique direct et en temps réel aux bases du Registrar of Civil Status.
Traduction concrète : une villa climatisée à la facture CEB conséquente et un SUV premium au garage, combinés à une déclaration de revenus modeste, deviendront un signal d’alerte automatique. Les expatriés qui vivent à Maurice avec des revenus de source étrangère ont plus que jamais intérêt à ce que leur déclaration fiscale mauricienne soit propre et cohérente — et à bien maîtriser les règles de résidence fiscale expliquées dans notre guide « qui paie l’impôt à Maurice ? ». Pour les Français, la cohérence doit aussi jouer côté Paris : voir nos obligations fiscales françaises de l’expatrié.
Entreprises : CSR et Global Business ajustés
Deux mesures concernent directement les sociétés :
- CSR Fund : les entreprises continuent de consacrer 2 % de leur revenu imposable à la responsabilité sociale, mais la part à reverser à la MRA évolue — au moins 50 % pour l’année 2026, puis retour à 75 % à partir du 1er janvier 2027 ;
- Global Business : le cadre est resserré — sont concernées les structures dont le fondateur ou les bénéficiaires sont non-résidents mauriciens, titulaires d’une licence de la FSC, avec des transactions effectuées hors de Maurice.
Votre situation fiscale mérite un vrai diagnostic ? Nos experts basés à Maurice suivent ces réformes de près et peuvent vous orienter selon votre profil de revenus et votre projet. Réservez une consultation gratuite.
Questions fréquentes
Suis-je concerné par la tranche à 35 % ?
Seulement si votre revenu imposable à Maurice dépasse Rs 12 millions par an (environ 240 000 €). En dessous, votre taux marginal reste de 20 % maximum. La tranche remplace la Fair Share Contribution, elle ne s’y ajoute pas.
Les nouvelles données collectées par la MRA visent-elles les expatriés ?
Elles visent tous les contribuables, mais les résidents étrangers au train de vie visible (grande villa, véhicules haut de gamme) avec peu de revenus déclarés localement correspondent exactement au profil que ces croisements de données permettent de détecter. Une situation régulière n’a rien à craindre ; une situation « floue » devient risquée.
À partir de quand ces mesures s’appliquent-elles ?
Le nouveau barème doit s’appliquer à l’année fiscale 2026-2027, démarrée le 1er juillet 2026, sous réserve de promulgation — les barèmes de prélèvement PAYE de la MRA n’ont pas encore été modifiés en ce sens (vérifié le 11 août 2026). L’exonération startup vaut pour les sociétés créées depuis le 19 juin 2026.
Sources et références
- Business Magazine — Income Tax Act : des changements majeurs pour les entreprises et contribuables (27 juillet 2026)
- PwC Maurice — National Budget 2026-2027, mesures fiscales
- Mondaq — Mauritius National Budget 2026-27
- Mauritius Revenue Authority — barèmes et PAYE