Oui, mais c’est la configuration la plus risquée fiscalement. Partager son temps expose à être considéré comme résident par les deux pays, et c’est alors la convention franco-mauricienne qui tranche — en regardant d’abord où se trouve votre foyer d’habitation permanent. À préparer avec un conseil, pas à improviser.

Rien ne l’interdit

Sur le plan de l’immigration, il n’y a pas d’obstacle : avec un titre de séjour mauricien, vous
pouvez aller et venir. Sans titre, vous restez limité à 180 jours cumulés par année civile.

Le vrai sujet est fiscal

La résidence fiscale mauricienne se déclenche à 183 jours de présence sur l’année
fiscale
— qui court du 1er juillet au 30 juin — ou à 270 jours cumulés sur
trois ans. Ce second critère est redoutable pour les allers-retours : environ 90 jours par an
pendant trois ans suffisent à le franchir.

Pendant ce temps, la France applique ses propres critères. Résultat fréquent : les deux pays
vous considèrent comme résident.

Ce que fait la convention

Elle départage, par ordre : le foyer d’habitation permanent, puis le centre
des intérêts vitaux, puis le séjour habituel, puis la nationalité.

Or quelqu’un qui partage son année dispose souvent d’un logement à sa disposition dans les deux
pays — et l’arbitrage bascule alors sur le centre des intérêts vitaux : famille, activité,
patrimoine.

Ce qui rend la situation intenable

Un logement gardé vide en France, une famille restée sur place, une activité qui continue de
s’y exercer, et des séjours longs documentés par les cartes bancaires. Autant d’éléments qui
pèsent du côté français.

La règle de prudence

Il n’existe pas de nombre de jours magique. Ce qui protège, c’est la cohérence d’un centre de
vie réellement déplacé et les preuves constituées au fil de l’eau. Si votre projet est
délibérément mixte, faites-le valider avant, pas après le premier courrier de l’administration.

Pour aller plus loin

Sources

  • Income Tax Act 1995, section 73 — mra.mu (consulté le 21 septembre 2026)

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